18/10/2019

Fact-checking vs fake news: vérifier pour mieux informer” de Laurent Bigot

En s’appuyant sur de solides recherches universitaires menées dans le cadre d’une thèse de doctorat et à travers une trentaine d’entretiens avec des fact-checkeurs français ainsi que l’étude de 300 articles et chroniques issus de sept médias différents, cet ouvrage éclaire pour la première en fois en France, comment le fact-checking politique apparu en 2008 dans l’Hexagone, est devenu en quelques années à peine, un véritable genre journalistique puis le debunking sur Internet et les réseaux sociaux, repris de Désintox puis CheckNews de Libération aux Décodeurs du Monde, en passant par Le Vrai du Faux de France Info ou AFP Factuel.

Le fact-checking : une longue histoire
A compter des années 2000, de plus en plus de médias aux Etats-Unis puis ailleurs dans le monde se sont dotés de rubriques ou chroniques dits de « fact-checking » avec pour objectif, au départ, de vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques dans la sphère médiatique.
Face à la multiplication des « infox », ce travail de décryptage minutieux s’est progressivement  étendu à l’ensemble des informations suspectes véhiculées dans l’espace public, sur Internet et les réseaux sociaux. Largement encouragés par les Gafam et tout particulièrement Facebook, les médias produisent désormais ce que l’on appelle du « debunking » ou de la démystification de rumeurs tandis que l’actualité ne semble avoir jamais été autant inondée de fausses informations.

Démêler le vrai du faux dans l’info
Cet ouvrage décrypte comment, ce faisant, ces médias, ont cherché à valoriser une démarche journalistique particulièrement crédible qui, toutefois, révèle en creux, de nombreux manquements dans les pratiques professionnelles. Ce travail, confié à des équipes dédiées, peut-il influencer les pratiques de l’ensemble des rédactions ? A travers ce parcours au sein de l’histoire récente de la vérification dans les médias hexagonaux, c’est la nécessité de promouvoir des contenus moins nombreux mais plus qualitatifs au sein des rédactions, ainsi que la nécessité impérieuse d’une véritable politique d’éducation aux médias qui apparaît. Et l’exigence d’un fact-checking de rigueur placé au cœur des stratégies éditoriales, seul à même de permettre aux journalistes de regagner la confiance des publics et aux entreprises de presse de valoriser leurs contenus.
 
A propos de l’auteur
Laurent Bigot est journaliste, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication et directeur de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT). Il y enseigne l’enquête et les genres journalistiques et y est responsable de l’ensemble des enseignements en presse écrite et multimédia. Il est membre de l’équipe de recherche PRIM (Pratiques et Ressources de l’Information et des Médiations) de l’Université de Tours. Après avoir lui-même exercé pour de nombreux titres de presse quotidienne et magazine, nationale et régionale, spécialisée et grand public, il a choisi de faire porter ses travaux de recherche sur le fact-checking et la vérification de l’information. Il a soutenu en décembre 2017 une thèse intitulée “L’essor du fact-checking : de l’émergence d’un genre journalistique au questionnement sur les pratiques professionnelles”, sous la direction du Pr. Rémy Rieffel, à l’Université Paris 2 – Panthéon-Assas (laboratoire Carism – Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaire sur les Médias).

A découvrir dès le 18 octobre dans la collection “Etudes et controverses” de l’INA.