07/06/2018

La Recherche de l’INA au service de l’étude des fausses informations

L’Institut national de l’audiovisuel (INA) lance le projet « Knew Safe » et poursuit ainsi ses travaux de recherche innovante sur l’écosystème médiatique et la propagation de l’information en y intégrant l’analyse des fausses nouvelles.

Au travers du projet « Knew Safe », l’INA présentait hier à Françoise Nyssen, ministre de la Culture, sa contribution, avec les autres sociétés de l’audiovisuel public, à la lutte contre les fake news, alors que débute aujourd’hui, à l’Assemblée Nationale, l’examen de la proposition de loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information.

La détection des fake news requiert des outils adaptés et une connaissance globale de l’écosystème de l’information, indispensables pour comprendre le phénomène et y apporter une riposte pertinente. Dans ce cadre et fort des résultats déjà obtenus, l’INA a entrepris d’étendre les fonctionnalités de sa plateforme OTMedia à l’étude des fake news, en y intégrant de nouveaux outils de mesure. L’objet des travaux en cours est de fournir des indices contextuels permettant de mieux caractériser une information pour apporter notamment une meilleure compréhension des phénomènes de création, de relais et de reprise des fake news.

Poursuivant la démarche de collaboration avec des chercheurs issus de plusieurs spécialités (informatique, sociologie, économie, sciences politiques ou info-com) ainsi que des journalistes, le projet « Knew Safe » publiera ses premiers résultats dès 2019. A terme, le projet pourrait fournir un outil pour aider les rédactions à traquer et débusquer les informations suspectes.

OTMedia[1], l’Observatoire TransMedia de l’actualité

Depuis 2010, le service de la Recherche de l’INA développe OTMedia, l’Observatoire TransMedia de l’actualité. Cette plateforme technologique permet d’analyser d’importants volumes de données issues des médias français comme des réseaux sociaux afin d’étudier la circulation de l’information. OTMedia agrège des composants logiciels innovants sur l’indexation et l’exploration de données qui permettent d’analyser, quantifier, visualiser et comprendre le cheminement de toutes les informations, quels que soient leurs supports de diffusion.

Fort de près de 12 millions d’articles analysés, l’outil est aujourd’hui capable, dans un écosystème de plus en plus complexe et foisonnant, de traquer en temps réel l’apparition, la propagation et les relais d’une information.

Après 2 ans de développements informatiques et de consolidation menés au sein du département Recherche de l’INA, OTMedia sera pleinement opérationnelle dès l’été 2018 et la première version de « Knew Safe » dès début 2019.

A PROPOS DU DEPARTEMENT RECHERCHE DE L’INA

L’activité de Recherche, inscrite dans les missions fondatrices de l’INA, contribue à faire de l’Institut un véritable laboratoire des médias. Source d’innovation, la recherche scientifique appliquée menée au sein du département « Recherche et Innovation Numérique » de l’Institut s’inscrit dans une dynamique de partenariats scientifiques avec de nombreux acteurs de premier plan et rayonne en France et à l’international. Cette recherche recouvre un large éventail de thématiques : restauration et numérisation, analyse des images et des sons, reconnaissance des formes, fouille de données, traitement sémantique des contenus et analyse des médias. Certaines des solutions conçues par les ingénieurs et chercheurs de l’INA, telles que le logiciel Signature, système de détection de copies vidéos, sont largement commercialisées à l’échelle international.

Pour en savoir plus sur les projets de recherche en cours à l’INA : http://recherche.ina.fr


[1] C’est notamment avec cet outil que les résultats présentés dans l’ouvrage « L’information à tout prix » de Julia Cagé, Nicolas Hervé et Marie-Luce Viaud (Ina Editions, 2017) ont été obtenus. Il avait ainsi été mis en évidence que 64% de l’information « chaude » publiée en ligne correspondait à du copié-collé pur et simple et souligné que ce phénomène, combiné à l’extrême vitesse de propagation de l’information en ligne (moins de 4 minutes pour 25% des événements) constituait pour les médias une puissante désincitation à produire de l’information originale.