«Le soulèvement de la vie».
Lettres à Maurice Clavel, décembre 1971.

Inédit ! Dans cet ouvrage, l’historien Philippe Artières donne à lire une sélection de lettres parmi les milliers reçues par Maurice Clavel au lendemain de la censure de son film Le soulèvement de la vie dans l’émission À armes égales et de son départ fracassant du plateau. Retour sur un clash médiatique qui a marqué la société française et l’histoire de la télévision.

La fin des années 1960 marque le début d’une révolution des moeurs. C’est dans ce contexte que l’émission mensuelle télévisée À armes égales du 13 décembre 1971 va se tenir. Le débat du soir porte sur le thème « Les Moeurs ». Les deux participants de ces joutes verbales sont Maurice Clavel, journaliste catholique d’extrême-gauche, et le député-maire de Tours, Jean Royer dont le conservatisme contraste avec les positions libertaires de son adversaire.

Avant de lancer les hostilités Clavel présente son film intitulé Le soulèvement de la vie, dont une phrase ambigüe sur « l’aversion » de Georges Pompidou, Président de la République, à l’égard de la Résistance est coupée par les producteurs de l’émission. Furibond, Maurice Clavel dénonce cette censure et quitte le plateau avec fracas en prononçant cette phrase devenue célèbre : « Messieurs les censeurs, bonsoir ! ».

Le lendemain et les jours suivants, l’écrivain reçoit des milliers de lettres à l’Agence de Presse Libération qu’il dirige. Regardée par près de la moitié des téléspectateurs français, la séquence a suscité l’émoi, la colère mais aussi la délectation du public.
L’avant-propos de Christian Delporte replace cet événement dans le contexte de la télévision de l’époque, qui commence à faire du débat politique un spectacle. Les réactions des téléspectateurs compilées par Philippe Artières représentent à la fois une véritable photographie des années 1968 et de leurs clivages sociétaux, mais aussi un décryptage de « l’affaire Clavel » devenu un événement médiatique. Du dessin d’enfant au mot d’insulte, ces manuscrits sont ici pour la première fois collectés et publiés.

À propos de l’auteur
Philippe Artières est directeur de recherches au CNRS, IIAC-Lahic, Paris. Ancien journaliste à Libération, France-Culture ou encore au magazine L’Histoire, il est spécialiste des écritures notamment de la contestation. Il a publié plusieurs ouvrages sur ces questions. Il intervient régulièrement sur les archives et particulièrement les archives personnelles.
Avant-propos de Christian Delporte, Professeur d’histoire à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, spécialiste de l’histoire des médias.