Les archives sonores du procès de Rivonia, sauvegardées par l’INA, au cœur du film Le procès contre Mandela et les autres.

A l’occasion de la sortie le 17 octobre du film Le procès contre Mandela et les autres, l’INA se félicite du succès du partenariat culturel historique qu’il a noué dès 2013 avec l’Afrique du Sud pour sauver de la disparition les archives sonores du procès de Nelson Mandela et de ses compagnons de lutte de l’ANC.
 
>>> L’histoire de la sauvegarde des archives sonores du procès de Rivonia par l’INA
La collaboration entre l’INA et l’Afrique du Sud qui a permis de sauvegarder les 256 heures d’archives du procès de Nelson Mandela et des leaders de l’ANC a été conduite dans le cadre d’un accord historique de coopération signé le 20 décembre 2013. Par cet accord, les archives nationales sud-africaines (NARSSA) ont confié à l’INA 591 « Dictabelts », cylindres de vinyle souple rares et fragiles utilisés comme supports pour l’enregistrement du procès de Rivonia tenu devant la Cour suprême de Pretoria entre octobre 1963 et juin 1964.
En partenariat avec l’ENS Lyon et plus particulièrement le chercheur Henri Chamoux, inventeur de « l’Archéophone », seul appareil moderne capable de lire et de numériser les Dictabelts, l’INA a mené les travaux nécessaires à la numérisation, la restauration et l’indexation de ces pièces uniques inscrites au Registre de la Mémoire du monde de l’Unesco depuis 2007.
Que les autorités sud-africaines aient confié à l’INA, institution étrangère, ce trésor national fondateur de leur démocratie, constitue un acte de confiance à la portée politique et symbolique exceptionnelle, qui permet de comprendre aujourd’hui pourquoi Le procès contre Mandela et les autres est une production française dont l’INA est fier d’être l’un des coproducteurs.
« Les équipes de l’INA s’honorent d’avoir mis leur expertise au service d’un témoignage universel de la lutte pour les droits de l’Homme. Emblématique des ambitions internationales de l’INA, cette collaboration témoigne des relations de confiance réciproque nouées par l’Institut avec la République d’Afrique du Sud. Et c’est aujourd’hui une immense joie de voir Le procès contre Mandela et les autres, dont l’INA est coproducteur, présenté au public français. Ce film magnifique, construit à partir des archives sonores du procès de Rivonia, est un geste cinématographique aussi singulier que puissant. Il fera date.» a déclaré Laurent Vallet, Président-directeur général de l’Ina
L’histoire de la sauvegarde des Dictabelts en vidéo : https://vimeo.com/262358371
 
Le DAC et l’INA ont également bénéficié du soutien précieux de l’Institut Français d’Afrique du Sud et de l’appui de la Fédération Internationale des Archives de Télévision (FIAT/IFTA) dans le cadre du programme « Save Your Archives », qui se propose d’apporter une aide tangible à des projets visant la préservation, la numérisation et la valorisation d’archives sonores ou visuelles en danger.
Aujourd’hui, l’INA a achevé la restauration numérique des archives sonores du procès de Rivonia. Le partenariat entre l’INA et le DAC/NARSSA se poursuit sur les volets de formation et de transfert des compétences d’une part, de valorisation de ce fonds d’archives d’autre part.

Le dossier de presse du partenariat culturel et historique entre l’INA et l’Afrique du Sud se trouve dans le “kit press” en téléchargement.

>>> Le contexte historique du procès de Rivonia
11 juillet 1963 : plusieurs membres de l’African National Congress (ANC) sont arrêtés dans leur base arrière, la ferme de Lilliesleaf située à Rivonia dans la banlieue de Johannesburg. Déjà en prison depuis quelques mois, leur leader Nelson Mandela sera jugé avec 9 de ses camarades de lutte devant la cour de Pretoria entre les mois d’octobre 1963 et juin 1964.
Percy Yutar en sera le redoutable procureur chargé de porter les lourdes charges de sabotage et destruction de biens, toutes deux passibles de la peine de mort.  À l’issue du procès, Nelson Mandela, Walter Sisulu, Govan Mbeki, Elias Motsoaledi, Raymond Mhlaba, Ahmed Kathrada, Andrew Mlangeni et Denis Goldberg seront condamnés à la prison à vie.
Au début du procès, les accusés avaient le choix : plaider ou se laisser interroger. Si Percy Yutar s’est évertué à attaquer avec virulence les accusés, il ne s’adressera jamais à Nelson Mandela, ce dernier ayant préféré défendre sa cause et celle de ses partenaires à travers un vibrant plaidoyer pour la démocratie et l’égalité entre les peuples qui dura près de trois heures. Ainsi, le 20 avril 1964, Mandela adresse à la cour son célèbre « speech from the dock » qui constitua son unique prise de parole au cours du procès, dont la célèbre phrase qu’il prononcera à nouveau 27 ans plus tard devant la foule qui l’attendait à sa sortie de prison le 11 février 1990 : “… J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivent ensemble, dans l’harmonie et l’égalité. C’est un idéal que j’espère voir se concrétiser de mon vivant. Mais, Monsieur le Juge, si c’est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »
De ce procès historique, aucune image n’a été filmée. Les archives, exclusivement sonores, en ont été sauvegardées par l’INA grâce à un accord unique conclu avec l‘Afrique du Sud.
 
>>> Le procès contre Mandela et les autres
Réalisation : Nicolas Champeaux et Gilles Porte // Production : UFO Production, Rouge International, ARTE France Cinéma, INA, Korokoro // Distribution France : UFO Distribution
L’histoire de la lutte contre l’apartheid ne retient qu’un seul homme : Nelson Mandela. Il aurait eu cent ans cette année. Il s’est révélé au cours d’un procès historique en 1963 et 1964. Sur le banc des accusés, huit de ses camarades de lutte risquaient aussi la peine de mort. Face à un procureur zélé, ils décident ensemble de transformer leur procès en tribune contre l’apartheid. Les archives sonores des audiences, sauvegardées grâce à l’Ina, permettent de revivre au plus près ce bras de fer.